Histoire de la pomme

 

Photographie et son Julie Ramage

 

et Marina Ledrein

 

 

 

 

 

« Histoire de la Pomme »

 

 

 

 

 

Installation multimédia

 

Réalisée dans le cadre d'un workshop mené avec les détenues de la Maison d'Arrêt des Femmes de Fleury-Merogis

 

Juillet 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* La Maison d'Arrêt de Fleury-Merogis possède une histoire longue et hétérogène. Centre de réinsertion pour les anciens déportés à partir de 1948, elle devient centre pénitentiaire en 1962, avec la construction, en 64-68, de la maison d'arrêt des hommes, du centre pour jeunes adultes en 1967, et de la maison d'arrêt pour femmes en 1968. Construite sur le modèle du panoptique analysé par Foucault, elle respecte une double exigence d'invisibilité sociale et de sur-visibilité pénitentiaire. Dès lors, l'image du détenu entre dans un réseau complexe de déconstruction identitaire et d'assimilation à une iconographie codée, celle de l'univers carcéral. Poser la question de l'éthique du visage et de l'identité féminine, c'est interroger cette iconographie, interroger le rapport du visage individuel au visage collectif, interroger le choix de montrer un visage, se dérobant ainsi au flou conventionnel de la représentation carcérale, ou de le cacher, préférant en conscience préserver son image de toute institutionnalisation.

 

 

 

* A travers le dessin, tracé sur plaque photographique dans un procédé inspiré du cliché-verre (XIXe siècle), s'opère une ré-appropriation du visage, un re-enactement de sa propre identité ; à travers l'utilisation de la technique du collodion humide, procédé photographique mis au point en 1851, c'est l'histoire sociale et politique de l'image de la femme que ce projet convoque. Peu coûteux et plus simple d'utilisation que le daguerréotype, le collodion humide devint en effet, à sa diffusion dans les années 1860, un espace de liberté visuelle dans une société où la représentation de soi en tant que femme était sur-codée. La circularité du trait opère également dans la peau, qui se couvre d'inscriptions commémorant les noms de ceux qui sont absents, tant ces noms définissent leur identité même. Le tracé est envisagé comme acte performatif d’une inscription dans l’espace carcéral, mais également, comme une réinscription dans un espace intime.

 

* L'installation repose sur une série d'éléments modulables : plaques photographiques gravées ou impressionnées (tirages), enregistrements sonores. Le déclenchement des sons repose sur le mouvement individuel du spectateur, enregistré par une série de capteurs de présence.

 

 

 

 

 

 

 

Avec : L.J, Mina Otmane, A.D., Elg. Sofia, A.J., Nefertiti, Rosa, Patricia, Esmeralda Baron, Adeline Scherer, Eurasienne, Manouche, Catherine Menoux, Nathalie Thomassaint , Alisson Bossert, Myriam

 

 

 

Vous pouvez retrouver le travail de Julie Ramage sur son site internet : www.julieramage.com